La paralysie du sommeil est un phenomene impressionnant : impossibilite de bouger ou parler au moment de l'endormissement ou du reveil, pendant quelques secondes a plusieurs minutes. Touche 20 % des adultes au moins une fois dans leur vie, plus rarement de maniere recurrente. Generalement benin mais terrifiant a vivre. Pour les autres troubles du sommeil, voir notre panorama.
Le phenomene en details
Pendant le sommeil paradoxal (REM), nos muscles sont paralyses (atonie musculaire) pour eviter qu'on agisse nos reves physiquement. Lors d'une paralysie du sommeil, ce mecanisme se prolonge ou se declenche au moment de la transition veille-sommeil. La conscience est revenue mais le corps reste paralyse.
Souvent accompagnee de :
- Hallucinations visuelles ou auditives (silhouettes, voix).
- Sensation de presence dans la chambre (cause mystique frequente dans le folklore).
- Pression sur la poitrine ("la sorciere").
- Difficulte respiratoire ressentie (pas reelle).
- Bourdonnement ou sons etranges.
- Angoisse intense.
Le tout dure de 30 secondes a 5 minutes maximum, puis se dissout. Le souvenir reste vif.
Les causes
- Manque de sommeil : cause n°1.
- Sommeil sur le dos.
- Stress et anxiete.
- Decalage horaire, travail de nuit.
- Genetique (predisposition familiale).
- Narcolepsie associee dans certains cas.
- Alcool, cannabis, certains medicaments.
- Apnee du sommeil.
- Etat de stress post-traumatique.
Que faire pendant un episode
- Ne pas paniquer : le phenomene est benin et passe en quelques minutes.
- Respirer profondement (respiration abdominale).
- Bouger les yeux : les muscles oculaires sont moins paralyses.
- Bouger un petit muscle : un doigt, un orteil. Souvent suffit a sortir de l'episode.
- Contracter les muscles des paupieres.
- Se rappeler que c'est temporaire.
- Hallucinations : ne pas chercher a interpreter, c'est juste un dysfonctionnement cerebral.
Prevention
- Sommeil suffisant et regulier : la mesure la plus efficace.
- Eviter de dormir sur le dos (la position favorise les episodes).
- Gestion du stress.
- Eviter alcool, cannabis, sedatifs.
- Bonne hygiene du sommeil.
- Eviter la privation de sommeil suivie de rattrapage massif.
Quand consulter
La paralysie du sommeil isolee et occasionnelle ne necessite pas de consultation. Consulter si :
- Episodes frequents (>1 par mois).
- Anxiete majeure entre les episodes (peur de s'endormir).
- Symptomes associes evoquant la narcolepsie (endormissements diurnes brutaux).
- Cataplexie associee.
- Sommeil non reparateur.
Le specialiste evaluera la necessite d'examens (polysomnographie, TILE) et proposera une prise en charge si necessaire.